Voyages autour de la palette terre

Destination : là où le vent me portera... Moyens de déplacement : tout ce qui me tombera sous la main, dont... un dromadaire !

Les routes d'Espagne, direction le sud

 

 

Barcelone 

Les barreaux 

Direction le sud : Murcia, l'Andalousie 

Les communautés hippies de Beneficio 

 

********

    

BARCELONE

    

10 novembre 2007

  

Hola chers amis ! 

     

Coup d’essai avec Pouille sur les routes de France, que du bon, pourquoi ne pas pousser ensemble jusqu’en Espagne ? Elle se libère, on va pouvoir descendre à Barcelone, la ville aux milles folies. On devrait s’y arrêter un peu faire des sous… et repartir de plus belle.

          

    

       

Avec un peu d'argent en poche, sur les routes de Murcia, dans le sud de l'Espagne, ma fidèle amie et moi passerons l’hiver au chaud (rien qu’aujourd’hui, la différence de température entre Lyon et Barcelone est de 20 degrés). Je serai sous le soleil juste quand le froid de l’hiver français se fera de plus en plus mordant, et je penserai à vous. Désolé pour ce petit coup de blues que je vous ai offert.

     

       

         

        

      

Un troisième se joint à nous, Sylvain, celui qui a été mon frère pendant mon premier voyage en Espagne, six mois H24 tous les deux.

        

           

Trop de ville, trop de drogues autour de nous, pas assez de nature, au bout de quelques semaines, nous fuyons les mille délires. Dès lundi, nous squatterons tous trois un train qui va vers le sud (sans billets cela va sans dire). Programme : un petit tour très rapide dans la communauté hippie de Beneficio, près de Granada, puis Murcia pour finir l’hiver peinards.

       

          

          

4 décembre 2007 

   

Les routes nous appelaient, c'était un baume au cœur. La perspective de quitter Barcelone, se sentir si proche du départ, cela nous rendait cette folie sage.

    

          

         

Apprendre à être soi, apprendre à être… face à soi-même ! Quelle aventure extraordinaire !

 

Le voyage dans la simplicité ou l'art de vivre en symbiose avec l'univers, l'amour d'un monde qui cache juste un peu ses splendeurs, mais assez pour qu’on se donne la peine de les chercher, l'amour, l'AMOUR DE LA VIE !

 

YALLA !

 

Je vous laisse avec peu de nouvelles mais une certitude, ici le soleil brille, dans ma tête comme au ciel.

        

LES BARREAUX

    

Il y a bien longtemps que je n'avais écrit. Quelques moments difficiles de notre chemin jusqu'au sud m'en ont dissuadé. L'inspiration de vie était pourtant là, celle de l'écriture se retrouve peu à peu.

 

Sylvain, Pouille et moi étions tout insouciants, heureux de bouger. Comment imaginer que le chemin serait si dur ?

       

       

Depuis Barcelone, nous trottions de gare en gare, peu importait lesquelles, nous allions de l’avant et c'était l’essentiel.

 

La première station nous servit de refuge et de prison. Plus de 10 heures bloqués sur ce bout de quai minable, mais paisibles, souriants, mêmes un peu excités, on restait pleins d’espoir.

     

       

Il y eut des nuits très froides où, serrés les uns contres les autres, nous tentions de nous réchauffer.

 

Le lendemain, nous gagnons quelques kilomètres. Encore douze heures dans une autre gare, pas moyen de monter dans un train, les contrôleurs nous en empêchent à chaque fois : ça y est, on est fichés, c’en est fini du train gratuit.

 

On ne rigole plus, nous passons par divers états psychologiques nerveux, on abrège et je paie le train pour tout le monde jusqu'a Valencia.

 

De là, nous voici obligés de raquer encore pour aller jusqu’à Murcia. Ca ne règle rien, le contrôleur commence à nous faire chier à cause du chat. On lui trouve une caisse, ça ne change rien. Nous voici plantés dans le train, en règle mais refoulés, à faire un scandale pour faire valoir nos droits. Le chat n’est qu’un prétexte, ce sont en fait les trois hippies nu pieds qui constipent l’honorable fonctionnaire.

 

Pas possible d’attendre encore le prochain convoi, c’était le seul de la journée. La polémique enfle, la sécurité s’en mêle. Insultes, cris, les bagages volent, ce sont les flics qui apaisent la situation… provisoirement. Contrôle de papiers, Pouille est traînée au commissariat. Ils profitent de mon absence, je suis allé en ville acheter une boîte en plastique pour la bête. Quand je vais pour la chercher, on me répond qu’on doit la garder au centre de détention pour mineurs. Le temps de vérifier qu’elle a bien le droit d’être en Espagne.

 

Pendant trois jours j’affirme ma présence aux pieds des murs du centre, cherchant par tous les moyens à réconforter la petite Pouille. Puis sa mère débarque et la prend. A peine un au revoir…

 

Ma petite Pouille, d'ici tu me manques… Mais peut-être avaient-ils raison, tu dois laisser tes ailes se réparer pour partir vers ta terre à toi, ton oasis. Sache que les moments vécus avec toi sur la route resteront à tout jamais profondément enfouis dans mon cœur. Quand les chemins se séparent, ils ne peuvent que se recroiser un jour !

 

J'espère que tu trouveras ta propre voie, et qu’elle sera belle, vers les contrées de tes rêves. Inch'Allah les étoiles te guideront vers le chemin de la lumière intérieure.

 

Je n’ai plus qu’à continuer, des souvenirs plein les yeux. Je vais rejoindre Sylvain qui m’a devancé à Murcia.

       

DIRECTION LE SUD : MURCIA, L'ANDALOUSIE

  

Le train me dépose dans la soirée, je file direct retrouver ce coin d'herbe, près de la Placa Merced, où jadis nous avons passé tant de nuits à refaire le monde au long de belles conversations ou de chansons ensoleillées.

 

Mauvaise surprise : où est MON banc, mon lit pendant tant de mois ? Déjà du goudron a remplacé les trois touffes de gazon, et un monstrueux chantier s’est installé sur les lieux de mon refuge. Un immonde toit grillagé ne protège même pas les nouveaux jeux pour les enfants. Des larmes invisibles montent, celles qui coulent quand on découvre ses souvenirs anéantis par les merdes humaines. Rien ne change, rien ne disparaît, mais tout se transforme, et en pire.

 

Et puis comment retrouver Sylvain, maintenant que notre maison est détruite ?

 

Le stand d'Ophelia fut notre rendez vous. La petite hippie de 40 balais n'avait pas changé d'un poil. Toujours là, toujours cette maîtrise du cuir et des bijoux, toujours cette lueur dans les yeux, celle que laisse la vie bohême. Ses dreads avaient juste un peu poussé, mais son visage n'avait pas pris une ride. Ma mama hippie n'était que plus resplendissante de vie !

    

            

A contrecœur, nous nous installons une semaine près de l’abominable chantier. Inutile d’espérer voir les amis s’arrêter pour un petit bout de squat tranquille. Il y a une meilleure solution : le champ d’orangers d’Ophelia, à la sortie de la ville, les terres de son père où elle a posé sa caravane. On se lance dans la construction d’une cabane de roseaux, avant de se rabattre sur le camion. Plus pratique, moins froid.

          

Puis on s’arrache. L’Andalousie, Granada, rien qu’une courte excursion.

      

LES COMMUNAUTES HIPPIES DE BENEFICIO

     

Plus difficile que prévu, de Granada nous ne voyons que la gare routière. Nous échouons donc dans la communauté hippie de Beneficio après quelques détours. C’était notre but il y a un an, et c’est ici que nous échouons sans trop l’avoir cherché…

 

Il nous aura fallu des heures de route et de marche dans la montagne pour atteindre cette immense vallée dans le sud de la sierra Nevada, près d’Orgiva. A perte de vue, la nature, les sommets. Des maisons de bois, de pierre, de roseau un peu partout, quelques yourtes et tipis qui dépassent des arbres. La nuit c’est saisissant, on ne voit que la lueur des feux de bois qui sort avec la fumée du haut des tentes indiennes. C’est la confusion, une folle impression d'être sur des terres lointaines, à une autre époque. Rien ne pouvait être plus beau.

 

Au bout de quelques jours, retour à Murcia. On va y travailler un peu, profiter de Noël et du jour de l’An. Après, on aura de quoi rester dans les communautés hippies quelques temps. Une pause nature, méditation et réflexions sur ma vie avant d’aborder la suite, le voyage proprement dit.

 

A Murcia, la nuit ça caille. Les cartons ne nous réchauffent pas. Nos beaux projets ne semblent plus si faciles à concrétiser, je lâche l’affaire : autant se barrer au Maroc tout de suite, même fauché.

 

Le routard est heureux malgré les épreuves, il pense à ceux qu'il aime. Merveilleux chemin de vie, je te suis pour montrer au monde toute sa beauté. Je vous embrasse espérant vous avoir permis de vous évader un peu.

commentaires {1} - Ajouter un commentaire
Publié à 11:57, le 28/12/2020, Espagne

on t'aime!

tu as la mission de faire planer ca c'est sur!mais il parrait que c'est un don de savoir ecrire ce que l'on a dans le coeur...le tiens est magnifique...c'est une etoile solaire cache dans ce vehicule q'est ton coeur...qui ne peut eclairer que tes freres et soeurs...quelque soit leur age...l'ame est toujoursenfant de boheme...quand le coeur est pur...oui je le redit...on t'aime a jamais...

nickelijo@me.com - 18:27 - 31/07/2010

Page précédente Page suivante


Accueil
Mon itinéraire
Livre d'or

Rubriques
- 1.Naissance de ma vie boheme
- 2.Premier voyage en Afrique
- 3.Afrique. 8 mois de routes!
- 4.Actuelement
- 5.Les photos de Marine
- 6.Me contacter
- 7.Mes liens
- 8.Remerciments

Annexes
- Accueil
- Il était une fois, blablabla...
- Premier voyage en Afrique
- Voyage humanitaire
- Libre sur les routes du Burkina
- Mon dromadaire au Sahel
- Galères Africaines
- Retour prématuré en France
- Accueil L'Afrique par la route
- Espagne, direction le sud
- Maroc, terre d'islam
- Mauritanie, sans trainer
- Senegal, pays de la Teranga
- Mali, en terres arides
- Mali, au bord du Niger
- Burkina, bonheur et désilusions

Vous êtes le